Contexte et appréciation générale de la politique
Le CRADI salue la publication de la première Politique gouvernementale sur les soins et services de première ligne, qui propose une transformation importante du système vers :
- Une approche plus accessible et coordonnée
- Une responsabilité populationnelle accrue
- Un ancrage dans les communautés
Cette orientation est pertinente et nécessaire, notamment dans un contexte où :
- Les inégalités d’accès persistent
- Les besoins des personnes en situation de vulnérabilité sont croissants
- Les organismes communautaires jouent déjà un rôle essentiel, mais ne sont pas fiancés adéquatement
1 – Position du CRADI : principes incontournables
Le CRADI adhère aux orientations générales de la politique, tout en affirmant que leur mise en œuvre doit reposer sur les principes suivants :
Reconnaissance pleine et entière du communautaire :
- Le milieu communautaire ne doit pas être considéré comme un simple complément, mais comme :
- Un acteur incontournable de la première ligne
- Un expert des réalités des populations vulnérables
- Un levier de prévention, d’accompagnement et de défense de droits
Accessibilité réelle pour les personnes DI-TSA :
- L’objectif de couverture universelle ne pourra être atteint sans :
- Des mesures adaptées aux réalités des personnes DI-TSA
- Une réduction des barrières d’accès (communication, compréhension, navigation du système) – utiliser des plates-formes accessibles
- Un accompagnement soutenu dans les trajectoires de soins, via une personne compétente, qui connait les ressources pertinentes
- Des suivis faits dans des échéanciers réalistes
Approche globale et centrée sur la personne :
- La prise en charge doit inclure :
- Les dimensions sociales, relationnelles et environnementales
- La reconnaissance des proches et des réseaux de soutien
- L’expertise des organismes communautaires spécialisés
2- Enjeux majeurs identifiés
Risque d’instrumentalisation du communautaire :
- La politique valorise la collaboration, mais sans garanties claires quant à :
- La place décisionnelle du communautaire
- Son autonomie
- Son financement
Le CRADI insiste pour éviter que les organismes deviennent de simples prestataires de services à bas coût.
La disparité des services selon les régions desservies:
- Inégalités dans l’accès aux services et aux ressources selon le territoire
Absence d’engagements financiers explicites :
- Les nouvelles responsabilités attendues du communautaire (proactivité, concertation et accompagnement) ne sont pas accompagnées de :
- Financement à la mission suffisant et diversifié
- Ressources pérennes
- Offres de formation, de consultation et de mises à niveau en continu
Complexification des parcours pour les personnes DI-TSA :
- Malgré la volonté de simplification, les transformations proposées peuvent :
- Accentuer la complexité du système
- Augmenter les risques de rupture de services
Logique de performance et de données :
- L’accent mis sur la performance doit être équilibré pour :
- Éviter une vision strictement quantitative
- Reconnaître la valeur des approches humaines et relationnelles
3- Recommandations du CRADI
Reconnaître formellement le rôle du communautaire :
- Intégrer les organismes communautaires dans la gouvernance locale (CLSC, RLS)
- Assurer leur participation aux décisions
Assurer un financement adéquat et récurrent :
- Augmenter le financement à la mission
- Soutenir les nouvelles responsabilités liées à la politique
Adapter les services aux réalités DI-TSA :
- Développer des pratiques inclusives et accessibles
- Former les intervenants du réseau public
- Soutenir l’expertise des organismes spécialisés
Renforcer le rôle d’accompagnement :
- Financer des fonctions de navigation et d’accompagnement
- Reconnaître le rôle clé des organismes communautaires dans ce domaine
Protéger l’autonomie du communautaire :
- Garantir le respect de la mission et des pratiques
- Éviter les logiques de sous-traitance
Valoriser des indicateurs adaptés :
- Inclure des indicateurs qualitatifs
- Reconnaître l’impact social et communautaire
Conclusion
La Politique gouvernementale sur les soins et services de première ligne représente une opportunité majeure de transformation du système.
Toutefois, sa réussite dépendra de la capacité du gouvernement à :
- Reconnaître pleinement le rôle du communautaire
- Soutenir financièrement ses actions
- Adapter les services aux réalités des personnes les plus vulnérables
Le CRADI réitère sa volonté de collaborer activement à cette transformation, dans une perspective de :
- Justice sociale
- Équité
- Respect des droits des personnes ayant une DI et/ou un TSA
Vous trouverez ci-dessous la Politique gouvernementale sur les soins et services de première ligne :