Montréal, mai 2026 – Le CRADI, avec les sept autres regroupements montréalais membres du CARISSSM, a adressé le 11 mai dernier une lettre au ministre délégué aux Services sociaux, Lionel Carmant, pour attirer son attention sur les enjeux de financement vécus par les organismes communautaires de la métropole dans le cadre du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC).
Un pas dans la bonne direction, mais des besoins encore très largement non comblés
L’annonce, dans le budget de mars 2026, d’une augmentation de 20 millions de dollars à l’enveloppe provinciale du PSOC est saluée comme un signal positif. Le CARISSSM espère que les prochains budgets iront plus loin encore, car les besoins des organismes montréalais demeurent considérables.
Pour 2025-2026, les organismes de Montréal admis au PSOC estimaient avoir besoin de 162 millions de dollars supplémentaires. Ils n’en ont reçu que 1,6 million, soit environ 1 % des besoins identifiés. Pour 2026-2027, ces besoins sont maintenant évalués à 173 millions de dollars.
Montréal : une réalité métropolitaine qui appelle un traitement adapté
Montréal représente près de 24 % de la population québécoise et affiche le taux de faible revenu le plus élevé de la province (13,2 %, contre 8,4 % pour l’ensemble du Québec). La métropole concentre des enjeux complexes et interdépendants : logement, vieillissement, migration, surdoses, pauvreté et diversification des profils des personnes en besoin de soutien.
Or, seulement 18 % des groupes communautaires financés au PSOC sont montréalais. Une répartition interrégionale fondée uniquement sur le nombre de groupes admis ne reflète pas pleinement l’ampleur des besoins de la métropole. Le CARISSSM invite le ministre à considérer cette réalité et à accorder un rehaussement supplémentaire à la région.
Un enjeu structurel à corriger : les nouveaux organismes admis
La lettre soulève également une question d’ordre structurel : le financement des organismes nouvellement admis au PSOC est actuellement puisé à même l’enveloppe régionale de rehaussement, ce qui réduit les sommes disponibles pour les groupes déjà financés.
Cette année, sept nouveaux organismes ont été admis à Montréal. Le financement minimal de démarrage convenu régionalement (60 000 $ par groupe) représente 420 000 $ prélevés sur l’enveloppe commune, faisant passer la moyenne disponible par organisme existant de 6 557 $ à 5 867 $. Cette situation crée une pression supplémentaire sur des organisations qui font déjà face à des besoins croissants.
Vers une plus grande équité entre organismes comparables
Le Cadre normatif du PSOC prévoit que les organismes comparables au sein d’une même région devraient recevoir un soutien financier de base équivalent. Or, les rehaussements des dernières années n’ont pas permis de réduire les écarts de manière significative, et certaines injections ciblées ont parfois contribué à les creuser davantage. Des travaux sont en cours au MSSS depuis près d’une dizaine d’années pour remédier à cette situation, et le CARISSSM souhaite voir ces efforts se concrétiser.
Pour la seule région montréalaise, atteindre les seuils planchers par typologie établis par le CIUSSS du Centre-Sud de l’île de Montréal nécessiterait un investissement estimé à 100 millions de dollars.
Ce que demande le CARISSSM
Les huit regroupements signataires formulent deux demandes concrètes au ministre Carmant :
- Un rehaussement supplémentaire pour Montréal, tenant compte de l’ampleur des besoins et des réalités métropolitaines, et non seulement du nombre de groupes admis.
- Un financement initial suffisant pour les nouveaux organismes admis, accordé en dehors de l’enveloppe régionale de rehaussement destinée aux groupes existants.
La lettre complète du CARISSSM est disponible ci-dessous.
Le CARISSSM assure une vigie sur les processus de répartition des fonds sectoriels par le ministère de la santé et des services sociaux (MSSS) et agit comme protecteur de l’action communautaire autonome.
Il constitue également un espace important de mise en commun des enjeux sectoriels et intersectoriels, d’écoute et d’entraide entre les regroupements régionaux.
Organismes membres du CARISSSM :
– Coalition pour le maintien dans la communauté (COMACO)
– Table des organismes communautaires montréalais de lutte contre le sida (TOMS)
– Comité régional des Associations pour la déficience intellectuelle (CRADI)
– RACOR en Santé mentale
– Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal (RIOCM)
– DéPhy Montréal
– Réseau d’action des femmes en santé et services sociaux (RAFSSS)
– Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM)